n terre-ciel est ici connotée encore par la forme de l’édifice qui est cubique, chiffre quatre représente traditionnellement la terre et surmonté d’une coupole hémisphérique, représentation du ciel. Ce serait la dernière demeure d’Al Azraque qui apparaît à Lalla et qu’elle appelle Es Ser, le Secret. C’est un lieu où tout commence et tout finit :

« Nour ne regardait plus l’entrée du tombeau, et la porte grandissait dans ses yeux, devenait la porte d’un monument immense aux murailles pareilles à des falaises de craie, au dôme grand comme une montagne. Ici, s’arrêtaient le vent et la chaleur du désert, la solitude du jour ; ici finissaient les pistes légères, même celles où marchent les égarés, les fous, les vaincus. C’était le centre du désert, peut-être, le lieu où tout avait commencé, autrefois, quand les hommes étaient venus pour la première fois  »1

1 LE CLEZIO, Désert, Op.cit., p.27.
Remarquons la comparaison du tombeau avec la montagne. La montagne peut aussi représenter le centre, l’axe du monde, et de plus elle peut être traditionnellement le siège des dieux. Cette référence renforce donc la signification symbolique du tombeau. Le centre représente l’endroit des commencements du temps où le monde était pur et sans usure. On y arrive pour reprendre de nouvelles forces, pour se purifier de ses péchés, pour s’unir avec l’univers ainsi que le fait le père de Nour :

« L’ombre emplissait ses yeux comme avant le sommeil. Pourtant, en même temps, une énergie nouvelle entrait par son ventre, par ses mains, rayonnait dans chacun de ses muscles. En lui, tout se changeait, s’accomplissait. Il n’y avait plus de souffrance, plus de désir, plus de vengeance. Il oubliait tout cela, comme si l’eau de la prière avait lavé son esprit. […] C’était un pouvoir direct, sans pensée, qui venait du fond de l’espace, comme si un lien invisible unissait le corps de l’homme allongé et le reste du monde. »1

1 Ibid., p.30.

II.I 2 L’arbre

«  Symbole de la vie, en perpétuelle évolution, en ascension vers le ciel, il évoque tout le symbolisme de la verticalité. »1Avec ces racines s’enfonçant profondément dans le sol, et ses branches s’élevant vers le ciel, l’arbre est universellement considéré comme un symbole des rapports qui s’établissent entre la terre et le ciel. L’arbre est un symbole roi de la maîtriser le temps. Pour parler de l’arbre, il faut signaler à un cycle, celui des saisons. Dans ce cycle, tous les végétaux meurent pour mieux revivre au printemps suivent. L’arbre évoque donc symbole de renouveau de la vie. Selon Gilbert Durand, l’arbre, par son élévation dans l’air, marquera le progrès. Mais par son profond enracinement dans la terre, il symbolisera la stabilité, la résistance au temps qui passe.
Dans cette partie on voudrait parler d’un arbre qui a selon Gilbert Durand une valeur nutritive. Le figuier symbolise la volonté de survie mais aussi la générosité et la richesse naturelle, il s’accroche au moindre creux de rocher, la moindre fissure pour y puiser l’eau nécessaire à sa survie. L’homme peut y voir une analogie avec le courage, l’intelligence et la volonté qu’il est nécessaire de déployer pour vivre et réussir son expérience sur la terre.
1 CHEVALIER, Jean, GHURBERANT, Alain, Dictionnaire des symboles, Op.cit., p. 62.
L’histoire de Lalla s’accomplit près d’un arbre, près d’un figuier. Cet arbre, tout comme d’autres éléments naturels, acquiert dans Désert une dimension mythique. Le figuier est l’image de la stabilité et de l’immuabilité  et reçoit ainsi une valeur mythique:

« […] près du figuier, là où venait le vieux Naman, c’est comme si rien ne s’était passé. C’est comme si la jeune femme n’avait pas cessé de dormir »1

Deuxièmement, il connote la force car il aide Lalla lors de son accouchement. Quand Lalla à son tour, donne naissance à sa petite fille, c’est l’ombre du figuier qu’elle choisit pour assistance car elle sait qu’il n’y a que lui qui puisse l’aider à présent comme l’arbre qui a aidé autrefois sa mère, le jour de sa naissance. L’arbre atteint un nouveau sommet, le figuier quitte sa fonction de matrice pour se personnifier, il se transforme en sage-femme qui assiste Lalla lors de son accouchement :

1 LE CLEZIO, Désert, Op.cit., p. 416.
« Jamais le figuier ne lui avait paru si grand, si fort. […] Lentement, en traînant son corps, Lalla entre à l’intérieur de cette ombre, sous les hautes branches puissantes comme des bras de géant. C’est cela qu’elle veut, elle sait qu’il n’y a que lui qui puisse l’aider, à présent »1

La présence de l’arbre répond aux besoins physiques et psychiques de Lalla. L’auteur signale que durant l’accouchement, Lalla est absolument seule. Cependant, le mot arbre intervient pour annuler la solitude.
Simone Domange considère que  le figuier offre dans le texte deux significations. Par sa force, il évoque un principe masculin :
« […] les hautes branches puissantes comme des bras de géant ».mais renvoie en même temps à la mère puisque la première Lalla Hawa, jadis, a mis notre Lalla au monde dans un décor à peu près similaire.2 L’arbre représente donc le lien entre plusieurs niveaux temporels.

1 Ibid., pp.419.420.

2 DOMANGE, Simone, Le Clézio ou la quête du désert, Imago, Paris, 1993, pp. 39.
Ce n’est pas par hasard que Le Clézio a placé l’accouchement de Lalla sous le figuier car  « il figure souvent sur les représentations du paradis où le couple originel Adam et Eve y est pourvu d’un costume réduit au minimum, composé de feuilles de figuier »1.

Cette référence renvoie à l’image du paradis, du temps originel où tout était en harmonie. Cette harmonie est évoquée par l’image de l’arbre « très noire contre le ciel blanc », ainsi que par la naissance de la fille, enfant du noir et de la blanche qui naît au bord de la mer à l’aube qui reconcilie la nuit et le jour, le principe obscur et son contraire.

La petite fille  opère ainsi la fusion entre les contraires2  et le figuier y participe discrètement par ses couleurs et en plus, constitue le lien entre plusieurs niveaux temporels ce qui renvoie à sa valeur symbolique.

1 Encyclopédie des symboles, sous la direction de Michel Cazenave, La Pochothèque, 1986, p. 25.
2 DOMANGE, Simone, Le Clézio ou la quête du désert, op.cit., p. 40.
II.I LES SYMBOLES SPECTACULAIRES

II.I.1 Le soleil et la lumière
De même que le schème de l’ascension s’oppose point par point à celui de la chute, de même aux symboles ténébreux s’opposent ceux de la lumière.
Le soleil et ses aspects secondaires jouent un rôle essentiel dans l’œuvre de Le Clézio. Tantôt, ils apparaissent néfastes, ruineux, tantôt, ils sont bénéfiques, vitaux. Le soleil, s’il fait naître le malheur, il peut aussi être source de bonheur. Donc, le soleil n’a pas seulement les aspects maléfiques, écrasants, étouffants, mais il cause également la joie et la plaisance.
Le soleil a fait dans ce passage une belle journée plein d’enthousiasme pour Lalla.

1

1 LE CLEZIO, Désert, Op.cit., p.294.
Pour détruire sa tristesse Lalla laisse le soleil la pénétrer. La chaleur du soleil efface tout ce qu’il y a de noir et de triste au fond d’elle. Le soleil lui donne le plaisir et le bon sens de la vie.
Chez Le Clézio, le soleil est un élément aimable et agréable.

1

Dans ce passage de Désert, on a une scène très agréable, des montagnes sous la clarté lunaire, de plaines se sable rose où la lumière du soleil danse. La Couleur rose est liée à la douceur, apaisement, antistress, c’est le symbole de la tendresse, de la jeunesse et du bonheur et de la joie de vivre. La couleur est un aspect de la lumière et la réflexion verte de l’eau est le signe de bonheur et de tranquillité. La couleur verte est une couleur reposante et relaxante. Elle correspond à la renaissance de la nature, à la croissance, à la jeunesse, à l’expérience. C’est à la fois l’éveil de la vie et sa pérennité.
1 Ibid., p.30.
Il y a aussi la personnification du soleil qui danse et trébuche. Encore on voit la joie dans cette partie.

Le soleil a fait également dans ce passage de Désert, une belle journée :
1

Le soleil est la source de l’énergie ; le doré est une couleur qui augmente l’énergie, et donne un sentiment de gloire, de victoire, de réussite, d’abondance, d’optimisme. C’est la couleur de la perfection.
Tout est calme et la souffrance disparait. La lumière du soleil brille dans ses yeux et lui donne la puissance et l’énergie parce qu’il sait où il va.

1 Ibid., p.372.

Dans ce passage de Désert, nous avons un isomorphisme des images : l’image ascensionnelle de ciel et l’archétype du soleil:

1

Le ciel fait une belle journée pour Lalla quand il était bleu. Lalla peut penser à ce qu’elle aime. Nous avons la comparaison entre la lumière du soleil et le regard d’Es Ser, le Secret, qui a une valeur protectrice. La lumière du soleil aussi protège et entoure Lalla. Le soleil symbole de vie se manifeste aussi comme un lieu sûr, un refuge.

Le Clézio est peintre des paysages inondés de lumière, rouge, verte et dorée,… :
1 Ibid., p.91.
1

Le rouge représente : la joie, l’amour, le désir, l’optimisme, la vigueur, la passion, la sensualité, le pouvoir, la maîtrise, l’action, la force et le plaisir de vivre.

2

La perle est devenue un symbole de

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